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Ânes

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En résumé

L'âne faisait l'objet d'un élevage réputé à Schaerbeek (on en avait recensé 1.158 en 1786) et ce, depuis l'époque des croisades.

Le village était jadis peuplé de nombreux fermiers et maraîchers qui vendaient leurs produits au marché de Bruxelles. Depuis 1136, les meuniers schaerbeekois avaient obtenu du duc de Brabant l'autorisation de pénétrer dans Bruxelles avec des ânes chargés de sacs de farine destinés à approvisionner la ville.

Plus tard, tous les matins, une caravane de petits ânes lourdement bâtés quittait Schaerbeek et, via l'Ezelweg (le chemin des ânes) - qui n'est autre que la rue Josaphat actuelle -, se dirigeait vers le marché de Bruxelles. Les ménagères bruxelloises, voyant arriver les ânes, s'écriaient : « Les ânes de Schaerbeek sont là ! ».

C'est ainsi que, confondant les âniers et leurs bêtes, on affubla finalement les schaerbeekois du sobriquet d'ânes.

Et depuis lors, Schaerbeek est devenue « la cité des ânes ».

 

Dessin d'âneDans le détail...

Très tôt, dès 1120, l'âne, venu du lointain Orient, fut associé à Schaerbeek dont le nom vient de scarenbeka, c'est-à-dire le hameau sur le Maelbeek (beek signifiant le ruisseau sur lequel furent édifiés les moulins (au Moyen Age, on en comptait sept) qui moulaient, malen, le grain dans le vallon des meuniers et des soixante étangs.

Asinus ne fut pas ramené des croisades comme on l'a longtemps cru : « Un diplôme de l'an 1138 nous le montre comme servant habituellement à transporter les sacs de grain au moulin. Le duc de Brabant, Godefroid, prenant les meuniers de Schaerbeek en pitié, leur accorda, en 1136, le privilège de charger leurs sacs sur des ânes pour éviter qu'ils ne doivent les porter sur leurs épaules.

«Les maraîchers de Schaerbeek, pour transporter leurs légumes au marché de Bruxelles, les meuniers du Maelbeek qui approvisionnaient en farine toutes les boulangeries bruxelloises, ont continué à se servir d'ânes jusqu'au milieu du XIX" siècle, une singularité propre aux villages de Schaerbeek et d'Evere, une coutume qui a donné lieu a bien des plaisanteries. »

Les Schaerbeekois d'antan se sont taillé une solide réputation dans la culture des fameuses cerises de Schaerbeek dont le goût aigrelet contribua au succès de la kriek lambiek surette, si typiquement bruxelloise.

Pour acheminer le produit de leurs récoltes à Bruxelles, les fermiers, comme les meuniers, utilisaient l'âne comme bête de somme. Très tôt, celui-ci fit l'objet d'un élevage réputé à Schaerbeek.

Il était courant de voir, le matin, une petite caravane d'ânes bâtés, chargés de lourds paniers accrochés à leurs flancs, quitter Schaerbeek par le ezelswegh (chemin des ânes, le nom apparaît dès 1277), qui correspond au tracé actuel de la rue Josaphat, pour se rendre au marché de Bruxelles, franchissant la ceinture des anciens remparts par la Porte de Schaerbeek. Lorsque les sabots des ânes heurtaient le pavé de la rue Royale au petit matin, les Bruxellois, réveillés par ce fracas matinal, s'écriaient, avec une pointe de mépris: «Les ânes de Schaerbeek sont là. » Confondant les âniers et leurs bêtes, on affubla les Schaerbeekois du sobriquet d'ânes, à force de les voir passer accompagnés de leur âne qui deviendra bientôt leur animal emblématique.

Depuis, Schaerbeek en Brabant est devenue la Cité des ânes. Ses habitants semblent peu s'offusquer de cette comparaison, guère flatteuse, avec l'humble quadrupède; mieux, ils en tirent une certaine fierté à l'instar des gueux et des gueuses à l'époque de l'inquisition espagnole.

On raconte qu'un tisserand d'Anvers, ayant traité d'âne le doyen de sa corporation, fut condamné à aller faire un pèlerinage à l'église Saint-Servais de Schaerbeek en Brabant, «omdat hij in Cola ire sijnde, sijne dekens Esels genoemt hadde ». Ce cas ne fut pas unique.

Aujourd'hui, il n'y a plus guère que les derniers rangs de certaines classes qui soient hantés par quelques ânes car Schaerbeek n'est-il pas aussi la Cité des écoles?

L'écrivain Goyers relate que, jadis, on donnait aux ignorants le nom d'élèves de l'université de Schaerbeek. L'âne, animal intelligent et intuitif (il ne bute jamais deux fois sur la même pierre) est le symbole de l'ignorance, mais on ne pourrait dire pourquoi. Cette opinion fort ancienne était très répandue chez les Grecs.

Aurait-elle pour cause les formes disgracieuses de l'animal, sa démarche lente, ses entêtements capricieux, sa patience plus que philosophique lorsqu'il est battu, la discordance de sa voix ou bien encore ses oreilles qui feraient tort à la physionomie la plus heureuse?

Les légendes ont la vie dure, l'âne en sait quelque chose, lui qui, depuis la nuit des temps, symbolise la bêtise et l'obstination. Autrefois, les cancres étaient affublés du bonnet d'âne. Aujourd'hui, rares sont les enfants des villes à avoir réellement pu approcher un âne, mais tous sont convaincus de sa bêtise. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que ce brave et valeureux animal fut, bien avant le cheval, un serviteur dur à la peine qui aida l'homme à conquérir le monde.

La domestication de l'âne remonte à quelque quatre mille ans avant notre ère. En Europe, l'âne domestique fera son entrée deux mille ans avant Jésus-Christ, probablement introduit en Italie via l'Asie Mineure par les Etrusques. En Grèce, l'âne, importé de Syrie par la mer, n'allait pas tarder à s'illustrer par son travail dans les vignes et à connaître un énorme succès dans le bassin méditerranéen où on le retrouve encore communément aujourd'hui, tant en Turquie que dans le Maghreb ou en Egypte. L'âne, éternel émigré, remontera vers le Nord à la suite des légions romaines dont il portera les bagages. Il sera utilisé dans les vignobles, en France et en Allemagne. Il franchira la Manche avec les galères romaines et on le retrouvera jusqu'en Irlande.

Dans nos régions, l'âne, considéré comme le cheval du pauvre - car le seigneur, lui, guerroie et chasse à cheval servait de bête de somme donnant un solide coup de main dans les exploitations agricoles. Quand sonne l'heure de la révolution industrielle, il devint inutile et troqua son rôle contre celui d'animal de compagnie. Non content d'être le symbole de l'ignorance, l'âne est presque partout dans le monde l'emblème de l'obscurité, voire des tendances sataniques. Il est maudit comme tous les damnés de la terre dont il partage le destin et symbolise la condition. Dans l'Inde, il sert de monture à des divinités exclusivement funestes. En Egypte, l'âne rouge est une des entités les plus dangereuses que rencontre l'âme dans son voyage post mortem.

En revanche, l'ânesse est nettement bénéfique. Elle symbolise la connaissance de la science traditionnelle, ce qui marque un renversement complet du symbole initial. L'âne satanique est substitué à l'ânesse de la connaissance. L'âne comme Satan, comme la Bête, renvoie au sexe, à la libido, à l'élément instinctif de l'homme.

                                                                                                                                                         
L'ânesse, en revanche, symbolise l'humilité, la pauvreté, la patience et le courage. Joseph emmène Marie et Jésus en Egypte à dos d'ânesse pour fuir les persécutions d'Hérode. Avant sa passion, le Christ fait son entrée triomphante à Jérusalem sur une ânesse. 

Cette idée d'humilité et de pauvreté semble  celle qui caractérise le mieux l'âne, emblème de Schaerbeek. « Heureux les humbles car. .. ». C'est une référence quasi évidente à la pauvreté des paysans brabançons de Schaerbeek, des maraîchers, des meuniers, des fermiers, des manants qui devaient ressembler bien plus à Sancho Pança qu'au chevalier à la triste figure sur son misérable canasson, caricature de l'aristocrate déchu, ou qu' « aux bourgeois fransquillons », arrogants de la capitale, « les Brusseleers et les kiekefretters » qui n'avaient que mépris pour le dialecte brabançon et la dégaine de Lamme Goedzak ou de Pogge Boer, figures emblématiques de ce petit peuple de culsterreux se déplaçant à dos d'âne. « Tu dois comprendre Sancho, qu'il faut maintenir une distance entre le maître et le serviteur, entre le seigneur et le laquais, [...] entre le chevalier et son écuyer .C'est aussi la raison, sans doute, pour laquelle les démocrates américains, défenseurs des intérêts des plus humbles et de la classe laborieuse, ont choisi l'âne comme emblème. Lorsque le général Eisenhower, libérateur de Bruxelles, fut fêté en grande pompe sur la place de Schaerbeek libéré en 1945, voyant qu'on avait fait parader un âne aux couleurs de Schaerbeek, le généralissime protesta: « Je ne suis pas démocrate mais républicain! », dit-il. Il partit d'un grand rire lorsqu'on lui expliqua que telle n'était pas la raison de la présence de l'animal aux longues oreilles.

En 1786, on recense 982 ânes pour 1158 Schaerbeekois dont 389 hommes, 432 femmes et 337 enfants. On a même chuchoté dans les estaminets schaerbeekois que l'on comptera à un moment donné plus d'ânes dans la vallée du Maelbeek que d'âmes dans la paroisse de Saint Servais. C'était au temps de Pogge boer qui, comme Sancho ou Ali Baba, ne se déplaçait jamais sans son âne.

En 1795, le bourgmestre Geefs précisera dans son discours au gouverneur, à l'occasion de l'émancipation du village transformé en commune: «Schaerbeek avec sa population peu nombreuse est exclusivement agricole. »

La présence de l'âne est encore attestée par des manifestations populaires telles que la kermesse des ânes, au cours de laquelle les habitants se livraient à des courses d'ânes. Ces courses furent supprimées en 1830 car elles entraînèrent d'innombrables bagarres. Le Brabançon a le sang chaud à l'instar de l'âne, son compagnon de misère.

Sous l'Empire, on trouva un moyen nouveau de tirer parti de cet humble et utile animal. A l'époque, le charmant vallon du Maelbeek était encore considéré comme le plus salubre de la région bruxelloise, le lieu de séjour par excellence. Comme on avait aussi cherché en vain à y produire autrefois le vin des miracles qui guérit tous les maux et qu'on avait produit, à flancs de coteaux du Maelbeek, une horrible piquette, on s'était alors rabattu sur le lait d'ânesse qui permettait de faire, disait-on, des cures merveilleuses. De tous les laits d'animaux, celui de l'ânesse est le plus proche dans sa composition de celui de la femme. A l'époque, ce remède était réputé infaillible pour les maladies de poitrine. On ignore si cette cure d'un genre nouveau a produit les résultats escomptés. Dans une brochure publiée en 1810, il est dit «que la porte de Schaerbeek ne servait plus guère qu'à l'introduction des légumes dans la ville, légumes cultivés principalement à Schaerbeek ». Toujours d'après Wauters, en 1846, Schaerbeek avait encore une étendue de 883 hectares, dont 322 hectares cultivés en céréales, 20 hectares cultivés en plantes industrielles, 188 hectares cultivés en racines et fourrages, 63 hectares étant des prairies, 89 hectares des jardins potagers, 6 hectares des jardins d'agrément, 3 hectares en jachère et 3 hectares en cultures diverses, soit un ensemble de 694 hectares cultivés sur un total de 883 hectares. On voit que la céréale domine et on peut imaginer que les prairies et fourrages devaient servir à l'élevage des ânes.

Si, comme on l'a vu, la symbolique de l'âne s'inverse, le destin de Schaerbeek va subir lui aussi une métamorphose radicale. Avant de devenir une «cité moderne », d'après Louis Bertrand, d'être avalée par La ville tentaculaire de Verhaeren ou d'être une Bruxella devenue Brussel, voire Brüsel, comme l'appellera François Schuiten dans ses Cités obscures, Schaerbeek n'était qu'un bourg perdu dans la belle campagne brabançonne chantée par le poète Hauwaerts au XVIe siècle.

Dans son avant-propos à La naissance d'une ville, Schaerbeek depuis 50 ans, Louis Bertrand écrit: «Dans ces dernières années, Schaerbeek est devenue une commune de premier rang qui comptera bientôt cent mille habitants. L'ancien village de maraîchers s'est rapidement transformé en une belle et grande cité moderne. »

Selon le même Bertrand, le plus ancien document faisant mention de Schaerbeek est un acte de 1120, par lequel Burchard, évêque de Cambrai, attribue au chapitre de Soignies le patronat des églises de Schaerbeek et d'Evere.

Scarenbeka, future Scharenbeke, est traversée par des ruisseaux. Le noyau de la commune était situé autour de la très ancienne église Saint-Servais que l'on voit sur les gravures de A. Boëns et les dessins de A. Drury et Max Gelissen et qui s'élevait sur le lieu qui est aujourd'hui l'avenue Louis Bertrand, à l'endroit précis où figure le grand vase de bronze sculpté par Godefroid Devreese.

« En ce temps lointain, le voyageur venant de Bruxelles dont il avait franchi les remparts par la massive porte de Louvain, arrivait dans la plus jolie vallée des environs de la cité.

« Entre des collines verdoyantes, le Maelbeek suivant son cours capricieux dans un site plein de pittoresque, égrenait son chapelet d'étangs limpides (on en comptait 60 à l'époque). Les bois touffus de ses rives, dispensateurs d'ombre et de fraîcheur, les belles prairies et les champs dorés, les magnifiques vignobles, donnaient à ce pays tant de poétique séduction que, dès le X" siècle déjà, quelques plébéiens y avaient de leurs mains édifié leurs cabanes. Plus tard, de nobles familles y établirent leurs maisons de plaisance autour de l'humble (humble comme l'âne) village où l'existence se passait tranquille et ignorée.
                                                                                                    

«Aujourd'hui, les coteaux agrestes ont depuis longtemps disparu, comme d'ailleurs les étangs cristallins, les ruisselets joyeux et même, la riante rivière, privée d'air et de liberté, est devenue un méchant égout.

«Jadis, alors que ces lieux champêtres étaient pleins de ressources et de beautés diverses, se formèrent les hameaux qui devinrent les florissantes communes d'Ixelles, d'Etterbeek, de Saint-Josse-ten-Noode et de Schaerbeek.»

Schaerbeek sera souvent frappée par des épidémies et notamment par le choléra. Selon Bertrand, l'épidémie de septembre-octobre 1859 fera de nombreuses victimes; on dénombrera 61 décès qui frappèrent surtout les classes les plus miséreuses des quartiers pauvres, situés dans l'ancien Schaerbeek et les impasses insalubres.

A trois exceptions près, le choléra a frappé les familles pauvres: «Le repère du fléau, c'est la vallée du Maelbeek: 1849 et 1859 le prouvent. L'eau de ce ruisseau, autrefois claire et bienfaisante, répand aujourd'hui des miasmes délétères, car avant d'arriver à notre commune, elle reçoit les déjections des aqueducs du quartier Léopold et de Saint-Josse-ten-Noode.» L'urbanisation brutale et massive se fera au prix d'une spéculation immobilière effrénée au détriment des paysans et ... des ânes.

L'échevin des travaux, Van den Putte, sera appelé Du Trou. C'est presque aussi lourd à porter que schieven architek. Tout ira très vite! En 1882, le conseil communal décide de construire l'hôtel communal en plein champ dans l'axe de la rue Royale-Sainte-Marie. Cet emplacement en rase campagne ne fut pas décidé sans que de vives protestations ne se fissent entendre de la part des conseillers communaux. «Construire un hôtel de ville en plein champ, c'est une folie », disaient les conseillers.

Village des ânes (1 158 habitants et 982 ânes en 1786), commune-faubourg de Bruxelles (1868), Montmartre de Bruxelles et faubourg des artistes (1896), grand Schaerbeek (1904) : autant d'étiquettes et d'étapes qui jalonnent l'histoire de la commune. L'Ancien Régime est derrière nous, la première vague (Alvin Toffler) s'achève, la révolution industrielle est là. La deuxième vague commence. Le temps s'accélère, les distances raccourcissent, la démographie galope. La bâtisse appelle la bâtisse. Où faut-il faire construire? A Schaerbeek! « Schaerbeek est la commune de l'agglomération la plus favorisée ». Avec la démolition des maisons de la rue et du sentier du Forgeron, celle de la Montagne-aux -cailloux, « c'est le dernier vestige du vieux Schaerbeek qui disparaît », note la Gazette du 13 juillet 1907. Le grand, le nouveau Schaerbeek sort de terre et il n'est fait ni pour les paysans ni pour les ânes.

«Les ânes de Schaerbeek, écrit un journaliste de la Dernière Heure, jadis très cotés sur les foires, mais dont la disparition se fait peu à peu, seront refoulés à travers la banlieue, et les lourds cerisiers de l'ancien village, qui donnaient des fruits à chair ferme et croquante, iront refleurir au hasard des jolies campagnes et des vergers ensoleillés qui se déploient à l'infini au-delà des limites communales . »

L'ancien bourgmestre Kennis évoque, en novembre 1904, un certain art de vivre: «Dans ce temps, il y avait des gens intelligents qui venaient habiter notre commune. Ils y louaient une petite maison d'un étage, avec une porte et deux fenêtres. On ne devait pas dépenser beaucoup d'argent pour faire des jardins, des parcs, des vérandas ni toutes ces choses-là! Le dimanche, on allait se promener gentiment avec sa femme et ses enfants autour des cerisiers. Tandis que maintenant, que va-t-on faire? Aller au parc Josaphat sans doute. »

Le Baudet, journal humoristique et charivarique, paraît pour la première fois, le 31 janvier 1892. Le 7 février 1892, La Gazette salua plaisamment son nouveau confrère: «Il y a encore quelques années déjà, un industriel de la commune demanda par voie d'annonce, pour ses enfants, une gouvernante et un baudet. Les gouvernantes se présentèrent en masse dès le premier jour. Pas un seul baudet ne vint lui faire visite. [...] Où sont donc allés ces animaux qui, avec les cerises devenues également introuvables, faisaient la gloire de Schaerbeek? » Notre Baudet était de faible constitution. L'année suivante, il avait, lui aussi, disparu.

 Décoration Âne

L'âne à Schaerbeek aujourd'hui

Il ne reste aujourd'hui que deux ânes à Schaerbeek, ou peut-être trois. La première, nommée Siska, réside au parc Josaphat et fut offerte par le Syndicat d'initiative; le deuxième, un vieil étalon, lui tient compagnie dans le box voisin où il savoure un repos bien mérité après une longue carrière au service de la lavande. La troisième appartient à une représentante distinguée de l'association A dos d'âne, qui lui rend de temps à autre une visite de courtoisie.

L'immense rassemblement d'ânes que le bourgmestre, Francis Duriau, et quelques Schaerbeekois avaient rêvé d'organiser, voit sa réalisation au début de cet automne au parc Josaphat à Schaerbeek. Certains verront dans cette initiative l'expression d'une nostalgie velléitaire et passéiste. D'autres y percevront, au contraire, un nouveau signe du retour de l'âne salué par Rosenzweig dans son article du Monde et qui a fait grand bruit lors de sa publication. L'âne est le trait d'union entre les générations, entre le passé et le présent, entre les communautés de souche schaerbeekoise et celles venues d'Italie, d'Espagne, de Grèce, du Maghreb, de Turquie et de tout le bassin méditerranéen, y compris la France où il connaît une renaissance prodigieuse. Pour tous, l'âne est la référence.

Dans les épiceries turques, on voit des représentations de l'âne surmonté d'un meunier à l'envers. « Qui se rend à La Mecque avec son âne, revient avec un âne », dit un proverbe arabe entendu dans les rues de Schaerbeek.

MARC GUIOT PAUL SIMONETTI

Textes et images tirés de l'ouvrage "L'âne dans tous ses états" Hotel Communal-Schaerbeek

Mise à jour: 13/08/2013

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